Ma fille se brûle les cheveux depuis 2h.” Mon fils ressemble à un champignon. TOC ou pas TOC ?
Soyons honnêtes. Les ados et leurs cheveux, c’est une histoire d’amour obsessionnelle qui traverse les générations.
Quand j’étais ado dans les années 90, les filles se battaient chaque matin avec leur pince XXL pour ériger la fameuse coque sur le sommet du crâne. Plus c’était haut, plus c’était beau. Les garçons, eux, portaient les cheveux mi-longs, raie au milieu, façon Kurt Cobain ou… collège de banlieue.
Puis les générations ont défilé avec leurs délires capillaires :
Années 2000 : la brosse ultra-courte sur les côtés, les mèches blondes épaisses façon télé-réalité, et le lisseur qui fume dans toutes les salles de bain
Années 2010 : le balayage californien, les tutos YouTube interminables, les 14 produits pour un effet “naturel” qui ne trompe personne
Aujourd’hui : routine TikTok avec huile de romarin, bonnet en satin, et lisseur à 230 degrés utilisé comme d’autres se brossent les dents
Chaque génération a eu son délire capillaire. Sa coupe improbable. Son uniforme invisible.
Mais pourquoi les cheveux prennent-ils une telle place à l’adolescence ?
Parce que c’est le seul endroit où on peut vraiment reprendre le contrôle.
Le corps change sans prévenir. Le regard des autres devient écrasant. On ne choisit pas sa taille, son nez ou ses hanches. Mais ses cheveux ? On peut les couper, les lisser, les boucler, les cacher sous une frange.
Les cheveux deviennent un langage silencieux : “je veux ressembler à eux”… ou au contraire “je veux surtout pas ressembler à eux.”
Alors TOC ou pas TOC ?
Un vrai TOC, c’est une souffrance réelle et une impossibilité d’arrêter malgré soi. Le rituel capillaire ado répond à autre chose : appartenir, se construire, tester qui on est. C’est moins un trouble qu’un rite de passage universel.
Et la bonne nouvelle ? Dans vingt ans, ils tomberont sur leurs photos et riront aux larmes. Pas de honte. Juste cette tendresse un peu incrédule qu’on a pour soi-même jeune.
Nous aussi on est passés par là. Nos photos sont quelque part. Bien cachées.
😄 Écrivez moi pour en savoir plus sur la psychologie adolescente.
Références : Nardone, G., & Portelli, C. (2016). Obsessions, compulsions, manies. Bruxelles : Satas. Watzlawick, P., Weakland, J. H., & Fisch, R. (1975). Changements : paradoxes et psychothérapie. Paris : Seuil.