Et si votre solution était justement le problème ?
Les fêtes de fin d’année arrivent avec leur trio habituel :
moments en famille, cadeaux…
et excès parfaitement assumés – jusqu’à ce que la culpabilité du 1er janvier nous tombe dessus comme une gueule de bois morale.
Chaque année, c’est la même chorégraphie : “Cette fois, je fais attention” … deux apéros plus tard : “Bon, j’en profiterai et je me reprendrai après” … puis viennent les grandes résolutions, aussi éphémères qu’un pétard du réveillon 🥳 .
Ce cycle m’a toujours fascinée : pourquoi, malgré notre bonne volonté, faisons-nous exactement ce que nous voulions éviter ?
En tant que thérapeute systémique, j’y vois maintenant un mécanisme très clair : plus on tente de contrôler nos excès… plus ils prennent le contrôle.
Récemment, j’ai accompagné un patient pour qui Noël était devenu un véritable champ de bataille intérieur. Il arrivait aux fêtes avec cette stratégie : “Je ne dois pas trop boire, je ne dois pas btrop oire, je ne dois surtout pas trop boire.”
Résultat ? Son attention était tellement fixée sur l’alcool que chaque verre semblait scintiller comme un piège.
Nous avons alors tenté quelque chose de radicalement différent – et de très systémique : arrêter de lutter!
Nous avons construit un rituel de dégustation consciente, Miam !
où il se concentrait sur les sensations, les textures, les odeurs… bref, sur l’expérience plutôt que sur l’interdit.
Surprise : En changeant son rapport à l’acte, l’envie s’est apaisée. Il a pu vivre les fêtes, pleinement, sans excès et sans combat intérieur.
C’est l’un des enseignements les plus puissants du modèle systémique : Parfois, c’est en cessant le contrôle que l’on récupère le contrôle.
Alors cette année, je vous propose une micro-expérience :
Et si, au lieu de vous promettre d’être “raisonnable”, vous vous autorisiez à savourer vraiment ?
Chaque bouchée, chaque gorgée. Avec présence. Avec curiosité. Sans lutte.
Vous pourriez être surpris du résultat.
Pensez-y et bonnes fêtes !
Nardone, G. (2009). Le régime paradoxal. Bruxelles : Le Germe.