Et si la France s’allongeait sur le divan systémique ?

J’ai imaginé une séance de thérapie avec notre Premier ministre.
Pour m’amuser surtout et explorer comment un système — politique ou humain — s’épuise à force de vouloir se sauver lui-même.


— Bonjour Monsieur le Premier ministre. Qu’est-ce qui vous amène ?

— Je suis au bord du gouffre. Et la France aussi. Si je ne fais pas valider le budget, on tombe ensemble. Je ne dors plus, je tourne en rond.

— Et en quoi est-ce un problème ?

— (Le Cornu, agacé) Comment ça “en quoi” ?! Dette abyssale, taux qui s’envolent, blocages partout. On a besoin de 60 milliards, et personne ne veut faire d’économies !

— Et qu’avez-vous essayé ?

— Le 49.3, les dissolutions, les remaniements… Rien ne marche. L’État creuse sans limite.

— Vous décrivez un système qui emprunte pour payer ses dettes… un schéma de Ponzi républicain en somme ?

— (Le Cornu, soupire) Oui. Je suis coincé, comme un moine-soldat dans une croisade perdue.
Le moine prêche la rigueur, le soldat se bat jour et nuit.
Je me bats contre corporatismes et injonctions contradictoires.
Je confesse les fautes du passé, j’expie les dettes d’autrui, je demande pardon à Bruxelles.
Je suis le pénitent de la République.

— Et quand vous agissez ainsi, comment réagit le système ?

— (Le Cornu, surpris) Il résiste. Plus je pousse, plus il se ferme.

— Vous êtes pris dans une double contrainte : si vous imposez la rigueur, on crie à l’austérité ; si vous dépensez, à l’irresponsabilité.

— (Le Cornu, amer) Exact. Le syndrome du moine-soldat : ascèse personnelle, chaos collectif.
Plus je me sacrifie, moins les autres bougent.

— Et si cette “crise” était une opportunité ? Churchill disait : “Ne gaspillez jamais une bonne crise.”

— (Le Cornu, réfléchit) Toute ma stratégie repose sur la peur du gouffre. Parler d’opportunité, c’est risquer le ridicule.

— Et si vous arrêtiez d’essayer de sauver les Français ?

— Ce serait irresponsable !

— Ou la seule façon de leur rendre le pouvoir.
Plus on les aide, plus ils se croient impuissants.
Parfois, le meilleur moyen d’aider, c’est de ne plus le faire.

— (Le Cornu, souriant) À force de tout contrôler, je les empêche d’agir.

— oui Comme un jardinier qui ferait trop d’ombre à ses plantes.

— (Le Cornu, pensif) Les Français sont capables mais aussi désabusés. Lucides.. On les a infantilisés.
Si on leur rend la parole, ils agiront.

— D’ici la prochaine séance, notez les moments où vous quittez le rôle du moine-soldat.

— (Le Cornu, riant) Et si ça ne marche pas ?

— Alors ce sera la révolution.

— (Le Cornu, souriant) Au moins, j’aurais essayé. Peut-être même… un référendum ?

— Attention, Monsieur le Premier ministre, vous risquez de déclencher une épidémie de confiance.

— (Le Cornu, riant) Ce serait la première épidémie que je serais heureux de propager ! 🌱

->Quand nos tentatives de solution deviennent le problème, le vrai changement, c’est de rendre la responsabilité à ceux qu’on voulait sauver.

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