Il y a quelques années, j’ai vécu cette révélation de manière brutale dans ma vie professionnelle.
Je travaillais dans les cosmétiques avec une manager extrêmement contrôlante.
Elle me reprochait d’être “trop cool”, pas assez stressée selon elle… alors même que les résultats étaient là, que mon équipe fonctionnait très bien et que les objectifs étaient atteints. Sans compter que je ne voyais vraiment pas l’importance de me stresser pour des lancements de cosmétiques…
Je vivais cette relation comme toxique. J’avais le sentiment d’être constamment sous surveillance, jugée sur ma posture plus que sur mon travail. Plus je tentais de rester moi-même, de montrer mes capacités et mon sens de l’autonomie, plus elle resserrait le contrôle.
En travaillant avec une thérapeute systémicienne, j’ai compris quelque chose qui m’a profondément bousculée : le problème n’était pas seulement elle. La relation se nourrissait aussi de mes réactions.
Elle m’a proposé une chose totalement contre-intuitive : aller nourrir le besoin de contrôle de ma boss, au lieu de m’y opposer !
Concrètement, j’ai commencé à lui demander très régulièrement conseil. Même quand je savais très bien quoi faire. Très souvent. À tel point que cela lui prenait beaucoup de temps et de bande passante.
Quelque chose a alors changé. C’est elle qui a commencé à me redonner de l’autonomie, simplement parce que je mobilisais beaucoup trop son attention et son énergie.
Dans le même temps, j’ai aussi commencé à montrer davantage de stress – alors que ce n’était pas mon mode de fonctionnement naturel. L’effet a été inverse de ce que j’imaginais : au lieu de renforcer son contrôle, cela l’a amenée à me rassurer, à me soutenir, à reconnaître le travail accompli.
En quelques semaines, la relation s’est complètement transformée. Elle m’a laissé une paix royale. J’ai retrouvé mon autonomie que j’aimais tellement. Et son besoin de contrôle ne s’est pas évaporé : il s’est simplement déplacé vers une autre collaboratrice. La pauvre 🙂
En tous cas, c’est là que j’ai compris, très concrètement, ce que signifie “manager son manager”. Non pas manipuler. Mais agir sur la relation, plutôt que s’acharner à vouloir changer l’autre.
Cette approche révèle une vérité fondamentale : dans tout système, chaque élément influence les autres. Quand nous cessons de résister frontalement et commençons à nourrir ce dont l’autre a besoin, tout change.
Aujourd’hui, j’accompagne mes clients dans cette même démarche. L’objectif n’est jamais de vous rendre manipulateur, mais de vous rendre plus conscient des dynamiques relationnelles. Car un manager rassuré devient naturellement plus collaboratif, plus ouvert, plus humain, moins parano.
Et vous, avez-vous déjà fait l’expérience de manager votre manager ?