« Clown, c’est pas un métier! » nous apprend l’école…


Je suis retombée sur les appréciations scolaires hilarantes que Dany Boon a partagées à son sujet :

Mes préférées : « Élève sans Histoire et sans géographie », « A baissé les bras sans jamais les avoir levés », « Peut si il veut mais veut si peu ! », « Mobilise son énergie à ne rien foutre », « A touché le fond mais creuse encore »…

Ça m’a fait beaucoup rire. Puis réfléchir.

En tant que systémicienne, je me suis demandé : Pourquoi notre système éducatif produit-il tant d’ennui ? Pourquoi l’humour en est-il si souvent banni ?

Pourtant, les neurosciences le prouvent : l’humour facilite la mémorisation, réduit le stress, favorise la créativité.

Alors pourquoi reste-t-il quasiment absent des apprentissages ?

L’analyse systémique révèle des mécanismes fascinants :

→ Les études c’est sérieux ! L’école croit qu’apprendre sans rire, c’est plus sérieux. L’humour est perçu comme un manque de respect du savoir.

→ La peur de perdre le contrôle. Un élève qui rit peut devenir « ingérable ». L’humour introduit de l’imprévu, de la spontanéité. Or notre système privilégie la prévisibilité et le contrôle.

→ L’effet rebond paradoxal. Plus on impose le sérieux, plus on génère de résistance. Les élèves mobilisent leur énergie « à ne rien foutre » précisément parce que le système ne leur laisse aucun espace de créativité.

L’humour, lui, est imprévisible. Il déborde. Il remet en question. Bref, il n’est pas très scolaire.

Et pourtant… Les approches systémiques en éducation montrent qu’un climat détendu améliore les apprentissages.

Combien d’élèves auraient appris différemment si on leur avait donné le droit — et même l’envie de rire ?

Dany Boon a finalement raison : faire rire, c’est un vrai métier. Et nos écoles auraient tout à gagner à s’en inspirer.

De mon côté, j’utilise souvent l’humour avec mes patients, même sur des sujets sérieux, pour désamorcer les peurs et faire alliance avec eux.

Et vous, quel prof vous a le plus marqué ? ça m’étonnerait que ce soit le plus sérieux d’entre eux ! 🙂

Source : Bateson, G. (1977). Vers une écologie de l’esprit 1. Paris : Seuil.

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