Le burn-out n’est pas un problème individuel…

Mais un symptôme systémique!

En cette Journée mondiale de la santé mentale, explorons ensemble une perspective différente sur l’épuisement professionnel.


Lorsque Paul m’a consultée, il portait son burn-out comme une faiblesse personnelle. “Je suis le seul à craquer dans mon équipe”, m’a-t-il confié, les yeux baissés. “Les autres tiennent bon. C’est ma résilience qui est défaillante.”

Cette croyance est l’un des pièges les plus redoutables du burn-out : l’individualisation d’un problème fondamentalement systémique.

En explorant sa situation, un tableau bien différent s’est dessiné. Dans son service, trois personnes étaient en arrêt maladie. Deux autres avaient démissionné récemment. Les objectifs avaient été revus à la hausse sans ajustement des moyens. La communication descendante s’était intensifiée tandis que les remontées terrain étaient systématiquement minimisées.

Paul n’était pas défaillant. Il était le symptôme visible d’un système en déséquilibre.

En thérapie systémique stratégique, nous observons régulièrement ce phénomène : la personne qui consulte est souvent celle qui porte, malgré elle, la souffrance collective. Elle devient le “patient désigné” d’une organisation qui peine à reconnaître ses propres dysfonctionnements.

Cette dynamique est particulièrement visible dans trois contextes :
1️⃣ L’entreprise où le collaborateur en souffrance est perçu comme “fragile” plutôt que comme révélateur d’un management toxique
2️⃣ La famille où l’enfant “difficile” exprime souvent les tensions non résolues entre les parents
3️⃣ L’école où l’élève “perturbateur” signale parfois un système éducatif inadapté à ses besoins

La bonne nouvelle ? Reconnaître cette dimension systémique ouvre des perspectives thérapeutiques puissantes.

Avec Paul, nous avons travaillé non pas sur sa “résistance au stress”, mais sur sa capacité à identifier les dynamiques toxiques, à poser des limites saines et à créer des alliances constructives. Parallèlement, il a proposé une intervention auprès de son organisation pour transformer ce signal d’alarme individuel en opportunité d’évolution collective.

En cette Journée mondiale de la santé mentale, rappelons-nous que nos souffrances psychiques ne sont pas toujours les nôtres. Parfois, nous sommes simplement les messagers d’un système qui a besoin de se transformer.

🔍 Vous vous reconnaissez dans cette situation ? Je vous invite à prendre rendez-vous pour une consultation : https://lnkd.in/eWqcSaxs

Référence : de Scorraille, C., Brosseau, O., & Vitry, G. (2017). Quand le travail fait mal : Une clinique de la relation pour soigner les maux au travail. Paris : InterEditions.

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