Demandez dans un dîner de 10 personnes qui a des problèmes de sommeil.
4 personnes sur 10 vous diront qu’elles dorment mal !
– 22h30. Vous vous glissez dans votre lit avec une intention claire : bien dormir.
– 00h45. Vous regardez l’heure pour la 3e fois.
– 03h00. Votre cerveau lance son festival nocturne :
« Et si je rate ma présentation demain ? »,
« Pourquoi j’ai dit ça aujourd’hui ? »,
« Comment je vais gérer cette situation ? »
Vous venez de créer le parfait système anti-sommeil.
Pour ma part, je dors comme une masse depuis l’enfance.
Le sommeil a toujours été un refuge : malade, triste, en colère… je dors. 💤
Mes patients me demandent souvent : « Comment vous faites ? »
La réponse les surprend : je ne fais rien !
L’insomnie, c’est un système qui s’auto-entretient
Dans la majorité des cas, j’observe la même boucle :
ruminations ➡️ tentatives de contrôle ➡️ échec ➡️ anxiété ➡️ encore plus de ruminations et ainsi de suite…
Ce ne sont pas les problèmes qui empêchent de dormir.
Ce sont les tentatives pour les résoudre !
Le piège = vouloir dormir
Plus vous y pensez ➡️ plus vous activez votre cerveau ➡️ moins vous dormez
Viktor Frankl appelait ça l’hyperintention paradoxale.
La nuit, vous ne pensez pas.
Vous vous interrogez comme un véritable petit inquisiteur !
« Et si… ? », « Pourquoi… ? », « Comment… ? »
Chaque question appelle une réponse.
Chaque réponse génère une nouvelle question.
Vous entrez dans un labyrinaire mental sans sortie.
Et le pire ?
La plupart de ces questions sont stupides.
Elles n’ont pas de réponse intelligente surtout à 3h du matin.
Au réveil, c’est évident : ces pensées nocturnes n’étaient pas profondes… juste envahissantes.
Ce qui change vraiment pour certains patients, c’est apprendre à ne plus nourrir leurs questions stupides :
« Je n’ai pas de réponse intelligente à une question stupide. »
« Plus je réponds, plus les questions reviennent. »
En arrêtant de répondre, les questions finissent par s’épuiser d’elles-mêmes.
Cette approche rejoint ce qu’explique Giorgio Nardone : 🕊️
le sommeil doit arriver « comme une colombe qui s’est posée près de la main, et qui reste là tant qu’on ne lui prête pas attention. »
Plus vous chassez vos questions nocturnes, plus elles s’envolent vers d’autres sujets d’inquiétude.
Plus vous les ignorez, plus elles finissent par se poser naturellement… et disparaître.
Ce n’est pas votre sommeil qu’il faut contrôler. C’est votre relation au sommeil.
💤 Dans le cadre de mon mémoire sur l’approche systémique de l’insomnie, je recherche des volontaires (25-65 ans, troubles du sommeil depuis +3 mois). Contactez-moi si ça vous intéresse d’être suivi sur ce sujet gratuitement.
Références :
Nardone, G., & Watzlawick, P. (1993). L’art du changement. Paris : L’esprit du temps.
Frankl, V. (1967). Psychotherapy and Existentialism. New York : Washington Square Press.